Étude de cas 4 : Utilisation d’antipaludiques et cartographie des risques pour atténuer le paludisme associé aux inondations en Ouganda71,72

Avec le changement climatique vient un risque accru de fortes pluies et d’inondations, qui sont étroitement liés aux épidémies de paludisme. Suite à de graves inondations dans l’ouest rural de l’Ouganda en mai 2020, Xu et al (2024) ont étudié le risque spatial d’infection palustre à plusieurs moments.72

Les enfants âgés de 12 ans et moins ont reçu trois cycles d’un traitement antipaludique (dihydroartémisinine-pipéraquine) à partir d’un mois après l’inondation. Des tests de diagnostic rapide ont été effectués un, deux et trois mois après l’inondation, démontrant une réduction significative de l’incidence du paludisme.

L’étude a utilisé la télédétection et les enquêtes sur site non seulement pour cartographier le risque de maladie, mais aussi pour identifier les disparités géographiques dans la façon dont l’intervention a atteint différents sous-groupes. Par exemple, les résidents qui ont été déplacés plus longtemps après les inondations et avaient moins accès aux moustiquaires étaient plus à risque d’infection palustre.

Les systèmes traditionnels de surveillance du paludisme n’ont pas été conçus pour détecter les changements climatiques dans la transmission. L’étude démontre la valeur des outils SIG pour cartographier et contrôler les épidémies de paludisme causées par des inondations sévères.

Wright et al (2025) notent que l’intervention aurait pu être encore renforcée en combinant la chimioprévention à court terme avec des mesures à plus long terme telles que le traitement du contrôle des eaux de crue et l’incitation des résidents à déménager loin des zones à risque d’inondation.71