Encadré 4. L’importance des connaissances autochtones

Les termes « connaissances autochtones “, ” connaissances traditionnelles “, ” connaissances écologiques traditionnelles “, ” connaissances locales “ et, dans une moindre mesure, ” science locale », sont utilisés pour décrire les connaissances (ou les systèmes de connaissances) propres à une culture ou à une société donnée.

Ces connaissances ne sont pas de simples informations, elles font référence aux systèmes de connaissances développés et adaptés en permanence à des environnements en évolution constante, transmis de génération en génération et étroitement liés aux valeurs culturelles des populations.15 Elles ont été décrites par la Banque mondiale comme « le capital social des pauvres, leur principal atout à investir dans la lutte pour la survie, pour produire de la nourriture, pour se loger ou pour prendre le contrôle de leur propre vie ».16

Les connaissances indigènes sont fondamentales pour les moyens de subsistance ruraux, car elles constituent la base de la prise de décision au niveau local dans les domaines de l’agriculture, des soins de santé, de la préparation des aliments, de l’éducation, de la gestion des ressources naturelles et d’une série d’autres activités au sein des communautés rurales.17

S’appuyer sur les connaissances indigènes ou traditionnelles peut accroître l’efficacité et la durabilité des projets de RMO, en particulier dans le contexte de One Health, qui reconnaît l’équilibre délicat entre les personnes, les animaux et la terre sur laquelle ils vivent.

Étude de cas 1: Maladies à transmission vectorielle et adaptation au changement climatique dans les systèmes socio-écologiques des zones arides africaines18

Contexte : Les zones arides, qui couvrent les trois quarts du continent africain, se distinguent par des conditions particulièrement difficiles, telles que des tempêtes de poussière, des températures extrêmes, des précipitations imprévisibles, ainsi que l’émergence de maladies à transmission vectorielle et de zoonoses. Assurer la durabilité de l’environnement, le développement humain et la lutte contre les maladies à transmission vectorielle dans ces régions a toujours représenté un défi majeur.

Dans les zones arides subsahariennes et sahéliennes, des problématiques telles que la prévalence des maladies à transmission vectorielle, l’insécurité alimentaire, la dégradation de l’environnement et la vulnérabilité sociale sont particulièrement préoccupantes. Le changement climatique risque d’aggraver ces enjeux en intensifiant les phénomènes climatiques extrêmes et les sécheresses, rendant les stratégies conventionnelles de contrôle des maladies encore plus difficiles à mettre en œuvre. Cela nécessitera des approches plus adaptatives et innovantes. Il est crucial de prendre en compte les interactions complexes entre les populations et leurs environnements dans ces zones arides afin de développer des interventions durables.

Examen de la portée de l’action : Cette étude se concentre sur les complexités de la lutte contre la maladie de la vache folle dans les zones arides africaines, dans un contexte de changements environnementaux et sociaux dramatiques et continus. La complexité et l’imprévisibilité des écosystèmes des zones arides posent des défis uniques en matière de développement durable et de lutte contre les ravageurs. Le déclin de la résilience des sociétés des zones arides est lié à la dégradation de l’environnement, à la perte de biodiversité et aux perturbations des pratiques traditionnelles de gestion des terres, ce qui accroît la vulnérabilité des populations aux ravageurs.

Approches intégrées : Les approches intégrées de la gestion des maladies sont essentielles, compte tenu des interactions complexes entre les environnements, les vecteurs de maladies et les populations humaines. Les systèmes socio-écologiques peuvent guider les stratégies de contrôle de la maladie, en mettant l’accent sur la participation de la communauté et les approches basées sur l’écosystème. Les systèmes de santé indigènes des communautés des zones arides intègrent souvent la surveillance des maladies, et les connaissances traditionnelles se sont avérées efficaces dans la gestion et le traitement des maladies, y compris les maladies à transmission vectorielles telles que le paludisme.

La résilience : Il est essentiel de comprendre comment les sociétés des zones arides utilisent durablement la biodiversité pour évaluer la résilience des systèmes socio-écologiques face au changement climatique. Les systèmes de pâturage traditionnels et modernes dans les zones arides fonctionnent pour maintenir la résilience en s’adaptant aux changements environnementaux tout en maximisant la production de bétail. Cette relation dynamique, souvent décrite comme une

« danse » coévolutive, est influencée par le concept de fonction du paysage, qui reflète la diversité des espèces et des processus écosystémiques (voir la figure sur la gestion adaptative du risque de maladies à transmission vectorielle dans un système de pâturage pastoral). La gestion du risque d’apparition de la maladie peut être intégrée dans ce cadre, en tenant compte de son impact sur la fonction du paysage et le bien-être de la communauté.

Des solutions communautaires : Il est essentiel de renforcer la capacité d’adaptation grâce à des méthodes participatives basées sur la communauté, qui s’appuient sur les connaissances locales et tiennent compte des conditions écologiques locales. Il s’agit notamment d’impliquer les communautés locales dans les programmes de lutte contre les maladies à transmission vectorielle, de promouvoir les pratiques traditionnelles de gestion des terres qui renforcent la biodiversité et d’encourager les moyens de subsistance durables afin de réduire la vulnérabilité et d’accroître la résilience face aux changements environnementaux.

Cadre de résilience des systèmes socio-écologiques (SESR) : Le cadre SESR souligne l’importance de considérer les systèmes des zones arides comme des systèmes socio-écologiques intégrés, où les composantes humaines et environnementales sont profondément interconnectées. Cette perspective est cruciale pour le développement de stratégies efficaces de lutte contre la maladie à transmission vectorielle, car elle reconnaît l’interaction entre les changements écologiques et la dynamique sociale. En se concentrant sur la résilience de ces systèmes, le cadre SESR vise à renforcer la capacité des communautés à s’adapter aux chocs environnementaux et sociaux et à s’en remettre.

Conclusion : L’adoption du cadre de la SESR et la priorité donnée aux approches communautaires et participatives peuvent renforcer la résilience des sociétés des zones arides et améliorer l’efficacité des efforts de contrôle des maladies à transmission vectorielle. Cette approche intégrée permet non seulement de relever les défis immédiats en matière de lutte contre les maladies, mais aussi de contribuer à la durabilité et au bien-être à long terme des communautés des zones arides.


Figure. Gestion adaptative du risque de maladies à transmission vectorielle dans un système de pâturage pastoral

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