Cadrage des RMO dans le changement climatique et la santé

Relever les défis communs de mise en œuvre

Les interventions CCS rencontrent de nombreux obstacles lors de la mise en œuvre. Bien que ces défis soient très spécifiques au contexte, Le Tableau 2 présente certaines des raisons courantes et systémiques pour lesquelles les interventions échouent.

La mise en œuvre des interventions de CCS peut rencontrer des obstacles importants, mais ces défis ne sont pas insurmontables. De nombreuses initiatives échouent non pas parce qu’elles manquent de mérite, mais en raison de problèmes systémiques tels que des politiques fragmentées, un financement insoutenable, des systèmes de données inadéquats et un manque d’engagement communautaire.

La RMO fournit une approche structurée et fondée sur des données probantes pour comprendre et aborder les obstacles et les goulots d’étranglement liés à la mise en œuvre. En identifiant ce qui fonctionne, pour qui et dans quelles conditions, le RMO aide les praticiens et les décideurs à adapter des solutions aux contextes réels.

Pour surmonter ces obstacles, les gouvernements peuvent donner la priorité à l’intégration de l’adaptation au climat dans les stratégies nationales de santé, en veillant à ce que les politiques se traduisent par des interventions concrètes et bien financées. Le passage d’une dépendance à court terme aux donateurs à un investissement à long terme est crucial pour construire des systèmes de santé résilients. De plus, le renforcement de l’infrastructure des données améliore les capacités prédictives et permet une meilleure prise de décision. Tout aussi important, les interventions doivent être conçues avec les communautés plutôt que de leur être imposées, garantissant la confiance, la pertinence et l’adoption.

En appliquant les RMO à ces défis persistants, les stratégies de CCS peuvent passer d’efforts fragmentés à court terme à des programmes évolutifs et percutants qui protègent la santé publique dans un climat changeant.

Outils pour l’évaluation des capacités

Les interventions se concentrent souvent sur le quoi (par exemple, programmes de vaccination, suivi des maladies grâce à l’IA, systèmes d’alerte précoce) mais négligent le comment (c’est-à-dire qui va le gérer, quelle infrastructure est nécessaire et si les équipes locales peuvent le maintenir une fois que le soutien externe a disparu). La réalisation d’une évaluation des capacités peut aider à exposer les points faibles avant qu’ils ne fassent dérailler une intervention.

L’évaluation des capacités dans la mise en œuvre du CCS implique d’évaluer la capacité des systèmes de santé, des institutions et des communautés à intégrer et soutenir efficacement les stratégies d’adaptation au climat. Ce processus aide à identifier les lacunes, les forces et les opportunités pour améliorer la résilience contre les risques CCS.

Les aspects clés de l’évaluation des capacités pour les projets RMO CCS sont :

  • Capacité institutionnelle : évalue si les agences gouvernementales, les ministères de la santé et les organisations non gouvernementales (ONG) disposent des politiques, structures de gouvernance et mécanismes de coordination nécessaires pour l’adaptation au CCS.
  • Main-d’œuvre et capacité de formation : évalue les niveaux de compétence, la disponibilité et l’état de préparation des travailleurs de la santé pour gérer les maladies sensibles au climat et les urgences sanitaires liées aux conditions météorologiques extrêmes.
  • Disponibilité des infrastructures et des ressources : identifie les lacunes dans les installations de soins de santé, les systèmes de données et la logistique qui peuvent entraver la résilience climatique.
  • Engagement communautaire et des parties prenantes : examine le rôle des communautés locales, des connaissances traditionnelles et des partenariats multisectoriels dans l’adaptation aux défis du CCS.

Il n’existe pas de « meilleur » outil d’évaluation de la capacité : différents outils existent en fonction du secteur, du public cible et du niveau d’intervention. Certains sont conçus pour le renforcement des capacités institutionnelles de haut niveau, tandis que d’autres se concentrent sur la résilience locale et communautaire.

Cadrage des questions RMO pour le CCS

Interventions d'adaptation du CCS

Selon le sixième rapport d’évaluation du GIEC (2023), 3,6 milliards de personnes sur la planète vivent déjà dans des zones sensibles aux risques liés au climat. Il est à la fois urgent et nécessaire d’adapter la vie sur Terre aux impacts du changement climatique, en particulier pour les populations les plus vulnérables – et ce besoin de mesures d’adaptation devrait augmenter.37

Malgré les risques croissants liés au climat, les efforts d’adaptation actuels ne sont pas suffisants pour protéger la santé publique – en particulier dans les PRFI où les inégalités structurelles limitent l’accès au financement et aux ressources techniques.41 L’écart entre les risques climatiques et la préparation du système de santé reste un défi important.

Il existe de nombreuses interventions qui peuvent être employées pour réduire les impacts sur la santé du changement climatique, ainsi que des stratégies pour aider les individus, les organisations, les communautés et les pays à devenir plus résilients aux risques CCS.42 Ceux-ci incluent :

Renforcement des systèmes de santé :43

  • Renforcer la surveillance des maladies sensibles au climat (par exemple, dengue et maladies liées à la chaleur).
  • Augmenter la capacité des soins de santé à gérer les impacts sur la santé des événements météorologiques extrêmes, tels que les inondations et les vagues de chaleur.
  • Renforcer la capacité des travailleurs de la santé à réagir adéquatement aux événements liés au climat.

Infrastructure résiliente au climat :44

  • Concevoir des hôpitaux, des systèmes d’approvisionnement en eau et des logements pour résister à des phénomènes météorologiques extrêmes.
  • Promouvoir les infrastructures vertes, telles que la plantation d’arbres urbains pour atténuer le stress thermique.

Systèmes d’alerte précoce :45

  • De tels mécanismes aident à prédire et à réduire les impacts sur la santé, soutiennent la planification d’urgence et guident les réponses à tous les niveaux du système de santé.
  • Lorsqu’on s’attend à une chaleur accablante, les avertissements précoces sont suivis de recommandations pratiques sur les mesures de protection, ce qui aide à réduire les effets négatifs sur la santé.

Approches communautaires :46

  • Habiliter les communautés à jouer un rôle central dans les processus de planification et de prise de décision.
  • Éducation sur les risques sanitaires associés au changement climatique.

Exposition à la chaleur liée au logement :47

  • La réduction de l’exposition au niveau des logements (par exemple à travers les toits de refroidissement) s’avère être une solution peu coûteuse et toujours très efficace pour réduire la vulnérabilité des populations à faible revenu.

Pourtant, la mise en œuvre et le passage à l’échelle restent un défi central, en grande partie en raison du manque d’investissement.18

Atténuation et co-bénéfices pour la santé

L’atténuation se concentre sur la réduction de la progression du changement climatique, principalement en traitant la cause principale : la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les taux d’émission de CO2 records récents 48 et les températures moyennes mondiales suggèrent que l’atténuation est peu performante et exige une attention scientifique supplémentaire. Le secteur de la santé est responsable d’une part importante des émissions de gaz à effet de serre et, par conséquent, d’un nombre important de décès directs et indirects.

Les co-bénéfices sont des stratégies qui traitent simultanément le changement climatique et entraînent des gains secondaires. Ils peuvent être une incitation puissante à accélérer les changements de comportement et de politique, car la population observe les avantages à court terme, tandis que les conséquences de l’atténuation sont ressenties sur le long terme.49 Par exemple, la réduction des émissions de gaz à effet de serre améliore la qualité de l’air, ce qui réduit également les maladies respiratoires.

Poser des questions RMO pour les interventions CCS

Les RMO peuvent aider à identifier, comprendre et développer des stratégies pour « surmonter les obstacles à l’adoption, à l’adaptation, à l’intégration, à l’intensification et à la durabilité des interventions en matière de climat et de santé fondées sur des preuves ».50

Le Tableau 3 présente quelques exemples de questions RMO pour évaluer les activités d’adaptation et d’atténuation dans le contexte du CCS.

Pour les interventions plus récentes avec des données limitées sur leur efficacité, les études de RMO devraient envisager d’examiner à la fois l’efficacité ainsi que tout obstacle à la mise en œuvre.

Boîte à outils de tdr pour la recherche de mise en œuvre

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Références